avr 222011
 


Je trouve toujours difficile de penser à certains gestes comme mes derniers avant le départ lorsque je me sens bien dans un endroit. Évidemment, le plaisir du voyage réside dans son caractère éphémère, comme suspendu dans le temps, contrairement à la réalité de la vie quotidienne.

Sur le trajet en train vers l’aéroport, je remarquais combien les cerisiers avaient fleuri par rapport à la semaine précédente pour notre arrivée. Ils paraissent me saluer pour mon retour en France et resteront la dernière image que je conserverai de ce séjour à Osaka et dans le Kansai. La nostalgie du départ s’exprime mieux avec la sarabande « le départ » pour flûte traversière avec la basse de Hotteterre.

A l’aéroport, je cède encore à mes dernières envies japonaises avec un sakura frappucino blended cream au Starbucks Coffee puis les derniers achats dans la galerie marchande, en particulier une bouteille d’umeshu, cette liqueur alcoolisée à la prune et une bouteille de whisky.

Finalement, l’embarquement à bord du vol d’Air France constitue déjà un pas du retour en France mais accompagné par Carlos Gardel. Le changement s’est bien sûr fait sentir dès la queue pour les passeports, plus de queue bien disciplinée en France. Cependant, nous arrivons avec le soleil et les premières chaleurs du printemps, ce qui est bien agréable. En traversant Paris, je mesure davantage les différences avec une ville japonaise et le privilège dans une capitale européenne d’avoir autant d’espace. Paris nous accueille ainsi avec ses parterres fleuris et les arbres se sont couverts de fleurs pour l’arrivée du printemps.

Cette expérience japonaise a passablement mis à l’épreuve mon sens de l’orientation car nous avons souvent eu de grandes difficultés à arriver à un endroit précis malgré les plans fournis avec un Nord variable. Ensuite, ce voyage a mis en lumière les difficultés à dépasser les barrières de la langue surtout lorsqu’existe une différence culturelle certaine car l’obstacle n’est pas tant le langage à mon avis que la manière de concevoir et d’expliquer les choses et la situation mais le tango permet de dépasser ces différences. Enfin, jamais autant qu’au cours de ce voyage, je n’ai ressenti le besoin d’exprimer mon identité propre dans un milieu citadin à la fois familier et différent. A Shikoku, je n’avais pas ressenti cette tension entre des codes a priori connus et leur interprétation avec des références étrangères.

Pour ceux qui souhaitent continuer à découvrir Osaka, je recommande le blog le Coq et le Cerisier 鶏と桜.

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avr 222011
 


Notre visite du port de Kobe et de ses abords pourrait se résumer, pour ma part, en musique. En effet, à notre arrivée, la brume cachait l’horizon sur la mer mais également sur les montagnes environnant Kobe. Aux tous premiers pas, j’ai été frappée par la présence dans l’architecture de la ville d’éléments d’église occidentale, en fait pour un immeuble d’habitation, et par le son pour la première fois depuis mon départ de Paris d’une cloche d’église pour la messe de 9h50 .

Ensuite, les parapluies sur le port ont ramené à mon souvenir les « parapluies de Cherbourg » de Michel Legrand. Cette chanson fredonnée par Catherine Deneuve me suivra jusqu’au sommet de la tour du port de Kobe. Notre promenade sur le port et la montée dans la tour m’ont fait penser aux bords de mer anglais à Brighton car flottait dans l’air un parfum suranné. Pourtant, je pense que par un temps plus clément, ce port doit avoir un parfum méditerranéen entre des arbres aux arômes d’agrume et l’abondant romarin.

Nous avons ensuite visité le musée maritime de Kobe et juste avant l’entrée du musée, nous avons entendu la sirène de départ du bateau de croisière à quai, le Pacific Venus et là, changement de disque pour les bateaux du port ou en maquette dans le musée, j’entends résonner le générique de la série « la croisière s’amuse ». Le musée maritime présente de nombreuses maquettes de bateaux dont certains légendaires comme le Cutty Sark ou le Titanic. Par ailleurs, au premier étage est présentée l’histoire du port de Kobe depuis les premiers siècles après Jésus-Christ.

Une partie plus ludique jouxte le musée avec la présentation de l’histoire et des produits fabriqués par Kawasaki. Si on m’avait demandé ce que représentait cette marque, j’aurai simplement répondu les motos. En fait, depuis le début de son histoire vers 1860, Kawasaki a toujours été une entreprise très diversifiée entre les moyens de transport comme les shinkansen, les bateaux, l’aviation en partenariat avec Boeing et les grosses machines de travaux comme les excavateurs utilisés pour creuser le tunnel sous la Manche.

Nous avons pris notre déjeuner de midi dans le centre commercial très à l’américaine près du port. Expérience bruyante entre le flot incessant des clients dans cette zone de restauration rapide et la sonnerie du bipper qui vous est fourni pour venir chercher votre plat lorsqu’il est prêt. Durant le déjeuner, nous avons pu observer la diversité des Japonais qui passaient dans la galerie. J’ai à nouveau remarqué qu’il devait me manquer certaines références culturelles pour définir si une jeune femme était habillée avec élégance ou non suivant la mode japonaise. Par exemple, beaucoup de filles portent des jupes ou shorts courts, voire très courts suivant les canons de la mode actuelle en France. De plus, elles aiment porter des talons hauts sans forcément savoir marcher correctement avec car même s’il existe une différence culturelle entre l’Europe et le Japon, les chaussures ne sont pas faites pour souffrir des genoux ou des pieds lorsqu’on marche.

Avant d’atteindre la dernière partie de notre visite de Kobe à pied, une dernière chanson s’est invitée dans cette promenade. Il est étrange que je n’ai pas forcément envie de quitter ce pays et de retourner en France mais que « O Toulouse» de Claude Nougaro, véritable hymne du retour à la terre natale qu’est également pour moi Toulouse, me revienne en mémoire. Nous avons déambulé dans le quartier chinois avec sa débauche de nourriture puis dans la galerie marchande très européenne avec des boutiques françaises dont un magasin de livres anciens où on retrouve de vieilles éditions de l’histoire de Babar, de Tintin ou de Bécassine. Nous avons comparé le prix des croissants et du pain de chez Paul entre Kobe et Paris : le pain est bien plus cher à Kobe mais les croissants légèrement plus chers. Nous avons également rencontré deux candidats aux élections locales du lendemain, l’un en jaune et l’autre en bleu, qui venaient discuter sur le terrain avec les habitants et les commerçants, accompagnés de leur équipe de campagne haranguant les passants et les commerçants à grand moyen de haut-parleurs et porte-voix.

Finalement, rentrée à l’hôtel, je me suis mise sérieusement à rattraper mon retard pour mes cartes postales et mes valises. Nous sommes allées manger des ramen avec une Asahi pression dans un très sympathique restaurant proche de l’hôtel. L’ambiance était plutôt jeune et nous entendions une radio avec de la musique pop qui a retransmis deux chansons de la chanteuse française Zaz, entendue donc pour la deuxième fois à Osaka, la première fois à Tower records. De retour en France, j’achète son CD car j’aime bien les chansons entendues sur les ondes françaises ou au Japon. Nous goûtons quelques heures encore l’atmosphère et l’ambiance du Japon et particulièrement Osaka avant de retrouver la France puis le bureau dès lundi.

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avr 222011
 


La météo à la télévision l’avait pourtant annoncé mais j’ai été trop optimiste : la pluie est tombée sur Osaka pendant que nous visitions le Shintennoji. Cette atmosphère pluvieuse a ajouté au recueillement des lieux en ce jour  d’hana matsuri (fête des fleurs) mais également de célébration de la naissance de Bouddha. Notre visite a été scandée par le glas de la cloche ponctuée de temps en temps par une sonnerie de Big Ben. Des moines en grande tenue ont chanté des mantras en guise de prière. Nous avons ensuite visité le jardin japonais du temple, visite qui a encore renforcé ce sentiment d’intériorité qui prévaudra finalement pour cette journée.

Nous avons ensuite marché jusqu’à la tour Tsuten kaku, symbole d’Osaka et le déjeuner a consisté en sushi dans un restaurant au pied de la tour. Notre promenade nous a amené jusqu’au quartier coréen mais la pluie incessante et la fatigue de la marche ont eu raison de notre enthousiasme touristique et nous sommes rentrées nous reposer et commencer à ranger nos valises (pour ma part, presque commencer).

Mais ma journée n’était pas finie puisque je ressortais pour la milonga du vendredi soir à Cafetin de Buenos Aires. Sur le chemin, j’ai retrouvé mon âme de Parisienne entre l’album « Intimo » de Juan Carlos Caceres dans les écouteurs et la marche rapide dans les couloirs du métro puis dans les rues d’Osaka. C’était comme si tout d’un coup, il fallait m’affirmer dans mes différences dans cette ville étrangère, ce qui n’était jamais arrivé dans mes voyages passés.

Il y avait pas mal de monde dans cette milonga surtout avec une séance de photo pour un magazine de mode avec Maxim et une de ses élèves. Je me suis pas mal amusée entre mes conversations plus ou moins abouties avec les autres danseurs japonais et le tango sur la piste de danse. Heureusement que le tango s’exprime de la même façon à Paris, Osaka ou Buenos Aires. Cependant, en fin de soirée, en dehors de la danse, je me suis retrouvée un peu « Lost in translation » entre tous ces Japonais qui conversaient uniquement dans leur langue. Je comprends mieux les difficultés exprimées par mes amis étrangers à Paris avec les Français qui ne font aucun effort pour se faire comprendre. C’était ma dernière soirée de tango à Osaka et j’ai eu un petit pincement au coeur après ces belles rencontres dans le tango.

Le taxi m’a à nouveau déposé à la gare de Shin-Osaka qui à cette heure très tardive ne grouillait plus de la foule des passagers à l’heure de pointe mais plutôt des équipes pour les travaux de la gare qui devaient trouver bien bizarre de me voir seule à cette heure dans la gare quasi déserte. Pour ma part, de tels instants permettent davantage encore de s’approprier certains lieux.

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avr 202011
 


Nous voici revenues dans le cœur de la ville avec une première étape dans le quartier des marchands de poissons d’Osaka. Nous arpentons les rues à la découverte des fruits de mer et des poissons utilisés dans la cuisine japonaise. Chez un marchand de fruits et légumes, j’achète une racine de wasabi fraîche mais fragile pour le transport. J’espère qu’elle arrivera encore comestible à Paris en fin de semaine. Ensuite, nous nous arrêtons devant la devanture d’un marchand de kimono en train d’installer en vitrine un kimono aux motifs très travaillées avec des araignées. Celle qui semble être la propriétaire du magasin vient nous parler et nous montrer un magazine sur des spectacles mélangeant la danse, le chant et le théâtre avec des acteurs exclusivement masculins qui jouent les rôles masculins et féminins et portent des kimonos comme celui présenté dans sa vitrine. Heureusement qu’une de mes camarades de voyage parle suffisamment japonais pour arriver à discuter avec cette dame qui trouve fantastique que nous ayons pu assister au Miyako Odori à Kyoto, spectacle qu’elle veut voir depuis longtemps. Je crois qu’elle nous avait proposé sur le ton de la plaisanterie d’essayer un kimono mais nous l’avons pris au mot et je me fais à nouveau habiller d’un kimono mais cette fois sous le regard admiratif de mes compagnes de voyage. Nous apprenons avec surprise qu’elle est capable de revêtir seule son kimono en quinze minutes. Après cette séance d’essayage, nous repartons avec une version plus simple de kimono avec des motifs de sakura.

Nos prochaines courses nous mènent vers Den Den Town pour l’achat de matériel électronique. Je crois avoir passablement embêté l’un des vendeurs en premier lieu pour savoir si le lecteur de cartes que je souhaitais acheter était compatible avec windows en France et ensuite en oubliant de préciser que je voulais bénéficier de la détaxe. Pour la compatibilité windows, le lecteur n’avait pas été testé sur des systèmes d’exploitation en version étrangère mais il marche très bien sur mon netbook et ensuite pour la détaxe, il a dû annuler l’achat payé précédemment pour refaire toute l’opération en ajoutant les formalités de détaxe : argh, les touristes gaijin qui ne comprennent rien.

Enfin, nous nous arrêtons entre musique et habillement dans l’immeuble partagé par Tower Records et Muji. Évidemment, j’ai fait un tour dans les deux magasins. Le plus amusant, lorsque je cherchais des CD à l’étage consacré au jazz, classique et world music, a été d’entendre l’album d’une chanteuse française en vogue en ce moment en France et a priori au Japon, Zaz. Nous avons déposé nos courses à l’hôtel avant d’aller au Symphony Hall où devait avoir lieu un concert pour les victimes du tremblement de terre et du tsunami dans le Nord du Japon. Cependant, il ne restait plus de places et nous sommes retournées à l’hôtel.

Pour ma part, je suis repartie pour la practica du jeudi soir à Cafétin de Buenos Aires. Je suis arrivée un peu tôt par rapport à l’horaire de la practica mais j’ai pu boire un verre d’umeshu que j’avais découvert dans une boutique de liqueurs à Zürich et grignoter un peu. Des danseurs de Kobe et Tokyo sont venus pour la practica dont une danseuse en kimono et geita. J’ai été impressionnée quand je l’ai vu danser dans cette tenue avec des boleos en prime. J’ai beaucoup dansé mais je crois que je n’ai pas forcément respecté l’étiquette japonaise, ce dont on ne m’a pas tenu rigueur, je crois, étant étrangère. J’ai même été invitée à danser par Keiko dans son kimono. Cette dernière organise sa propre milonga à Kobe et danse le tango depuis 11 ans. J’ai vraiment pu profiter de l’ambiance chaleureuse du lieu dont la décoration est le fruit du travail incessant de Maxim et de son associée Yukako.

Pour le retour à l’hôtel, j’ai décidé de demander au chauffeur de taxi de me laisser à la gare de Shin-Osaka pour ne pas renouveler l’expérience de la fois précédente. Cependant, arrivée à l’hôtel, j’ai vu que le Nord du Japon venait à nouveau de subir un tremblement de terre de magnitude 7 avec un tsunami de bien moindre importance que celui du 11 mars. Comme la Nature sait se rappeler à nos souvenirs.

 

avr 202011
 


La journée fut remplie et bien fatigante à Nara. Après un trajet en train en pleine heure de pointe du matin à Osaka, nous avons rejoint Nara où des Japonais, plutôt agés, étaient également venus en excursion pour la journée. En effet, nous avons encore eu un temps magnifique ce mercredi.

Nous avons visité le Kôfuku-ji avec son temple à cinq pagodes ainsi que le temple renfermant de nombreux trésors nationaux. Les différentes pièces étaient d’une très grande beauté dont une tête de bouddha et des statues de moines de la secte Hosso dont le drapé du costume m’a rappelé les exercices de dessin sur le drapé par Léonard de Vinci. Parmi ces moines, j’ai particulièrement aimé le visage de celui nommé Jotoh.

Nous avons continué notre route semée de daims de Nara qui peuvent mordre comme ce daim qui a voulu m’arracher mes paquets de thé. Lors d’un arrêt près d’un étang, nous avons pu voir un groupe de dames de plus de cinquante ans installées comme pour un pique-nique mais qui ont accompli une cérémonie du thé. Nous avons atteint le Kasuga taisha où j’ai eu l’occasion à nouveau de faire mes dévotions et j’ai dû accrocher ma mauvaise prédiction sur un arbre pour conjurer le mauvais sort, c’est ainsi. Nous avons déjeuné sous les arbres d’un repas traditionnel de Nara au salon de thé jouxtant le jardin botanique. L’ambiance était propice pour profiter du soleil et du parfum des fleurs.

Notre étape suivante fut le Tôdai-ji (東大寺), un bâtiment immense comme son nom  « grand temple de l’Est » l’indique. Nous avons d’abord passé le portail géant pour arriver ensuite au temple qui abrite de gigantesques statues dont un bouddha. Une attraction du Tôdai-ji est un trou fait dans un pilier qui assure le Nirvana à ceux qui réussissent à le traverser. Cependant, vu la taille du trou et le petit gabarit des Asiatiques, le Nirvana est ainsi quasiment assuré.

Nous avons traversé un quartier résidentiel de Nara mais également aperçu la prison pour jeunes de Nara, une sorte de grand collège à l’anglaise en brique rouge entouré d’un mur de prison, en nous dirigeant vers le Hanami-ji ou temple aux fleurs Cosmos. Nous ne sommes pas venues à la bonne saison car les jonquilles étaient déjà fanées et les autres fleurs ne s’ouvrent qu’en mai-juin. Cependant, j’ai aimé cette atmosphère de jardin de curé abandonné à lui-même, en attente de renaissance sous le soleil.

Après avoir pu faire nos dévotions à Kyoto et à Nara, nous allons pouvoir reprendre le rythme de la vie citadine, effrénée et consumériste à Osaka.